Le 4 février 2026, la scène du Docks 40 s’est muée en un club de jazz intimiste de Greenwich Village. Jesse Harris, l'orfèvre derrière le tube planétaire « Don’t Know Why », a prouvé une fois de plus que la simplicité est la sophistication suprême. Venu présenter son dernier opus, « If You Believed in Me », l'Américain a enveloppé l'audience de ses mélodies folk-jazz, portées par une guitare au toucher velouté. Les arrangements, d'ordinaire orchestraux sur disque, ont retrouvé ici une nudité acoustique fascinante, laissant toute la place à l'émotion pure et à la précision de son écriture.
Mais le sel de cette soirée résidait dans le partage. À ses côtés, l’éclatante Gabi Hartmann a apporté cette touche de "chanson" française mâtinée de rythmes du monde. Sa voix, à la fois profonde et texturée, semblait répondre aux cordes de Harris dans un ballet mélodique incessant. Entre deux morceaux, on percevait cette complicité naturelle, née du goût du voyage et d'un respect mutuel évident. Gabi, avec sa présence magnétique, a su transporter le public bien au-delà des quais de Saône, quelque part entre Paris, New York et les rivages de la nostalgie.
Pour les habitués des Docks Live Sessions, ce rendez-vous restera comme une parenthèse enchantée. Loin des démonstrations techniques, c'est la sensibilité des compositions qui a primé. Sous les projecteurs, les deux artistes ont tissé un lien étroit avec un public suspendu à chaque note, rappelant que le jazz est avant tout une affaire de conversation et de cœur.

